dimanche, janvier 14, 2007

La reprise du dimanche : 56

C'était à l'occasion d'un billet sur je ne sais plus trop qui. NotBilly avait laissé en commentaire quelque chose du genre "ce type me rappelle Jackson C. Frank". Moi: qui? Réponse offusquée: Quoi???? Tu ne connais pas Jackson C. Frank.
Ben non, je ne connaissais pas Jackson C. Frank. D'ailleurs j'ai fait le tour des boutiques de Bruxelles pour trouver un album. Toujours la même réponse. Et je ne m'adressais pas au vendeur du Carrefour du coin travaillant le week-end, il s'agissait de vrais spécialistes droits dans leurs bottes et sûrs de leur bon droit. Et il n'y a rien qui ne les énerve plus que de ne pas connaitre. Ça les humilie. Ils se sentent agressés, remis en cause dans leur compétence professionnelle. Du coup, leurs traits se figent et ils prennent un air fatigué, à la limite du méprisant.
Hey, mais c'est pas de ma faute ai-je envie de leur crier, moi non plus je ne connais pas et c'est justement pour ça que je viens vous voir. Mais je préfère tourner les talons.

Et finalement, j'ai réussi à trouver un album de Jackson C. Frank, dans un magasin spécialisé dans le Hip Hop et l'Electro, ai écouté le disque chez moi. Et je n'ai pas aimé. Trop Folk orthodoxe pour moi. Une guitare, une voix et basta. Il y avait une noirceur et une tristesse qui passaient plutôt mal en pleine canicule, au mois de Juillet.

Et puis ce devait être Septembre, une période où ça n'allait vraiment pas bien, j'ai reposé ce disque une nuit (important ça) et il m'a apprivoisé. Je l'ai compris. C'est devenu un ami. Un ami cher. Un ami qu'on a envie de consulter jusqu'à plus soif. Voire même au delà.

Mais comment est-il humainement possible d'être aussi triste, aussi hanté par la mort et par le dénuement le plus total? La réponse est dans sa bio qui ferait passer la vie d'Oliver Twist pour celle de Oui Oui que vous pouvez consulter ici: un C. Frank gravement brulé, bringueur et bourlingueur, dépressif et obsédé par la mort, alcoolique, amoureux éconduit, éborgné, clochardisé et mort dans la misère.

Mais comme on n'est pas là pour faire pleurer dans les chaumières, les chansons se suffisent à elles-mêmes. Voici cinq versions de sa chanson la plus emblématique, Blues Run the Game:

la sienne (certainement la plus déchirante):

Jackson C. Frank: Blues Run the Game (mp3)

Mais aussi

Simon & Garfunkel: Blues Run the Game(mp3)

Nick Drake: Blues Run the Game (mp3)

Colin Meloy (des Decemberists): Blues Run the Game (mp3)

Graeme Allwright: Je perds ou bien je gagne (mp3)

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Quoi???? Tu ne connaissais pas Jackson C. Frank ?

murphy

michelsardou a dit…

Bouhouhou!!!

Cristophe a dit…

Je ne connaissais pas Jackson C. Franck

Christophe a dit…

je l'avais découvert chez Lenoir grâce à Hugo Cassaveti. Sa vie a été complètement tragique (seul rescapé de l'incendie de son école quand il était très petit si je me souviens puis adulte, sa femme et son fils morts dans un accident). Il a enregistré très peu dans les années 60 et a passé une grande partie de sa vie dans un hopital psychiatrique... merci pour ces reprises que je ne connaissais pas et qui mettent vraiment en valeur cette chanson magnifique.

NotBilly a dit…

Ahhh !
Très beau post mon camarade !

Même si tu refais un peu l'histoire :
http://lehoubablog.blogspot.com/2006/05/kenny-rankin.html

eh heheh

Je ne savais pas que Drake l'avait repris ! Je savais qu'il l'avait influencé, mais pas ça...

merci

jm a dit…

WHat a song! Best version is by Bert Jansch though.


murphy 2