dimanche, octobre 30, 2005

La reprise du dimanche: 4


La reprise du dimanche est postée le jeudi, mais datée du dimanche, c'est là un miracle de la technologie, qui permet de partir en vacances tout en étant un peu présent.
Comme j'écris de loin, je ne m'étendrai pas trop. Il s'agit d'une reprise du Chatterton de Gainsbourg, chantée en portugais par l'excellent Seu Jorge sur son dernier album, Cru.
Seu Jorge: Chatterton (MP3)

vendredi, octobre 28, 2005

Les choristes

En faisant les synthèses de toutes les réactions sur le dernier Fiery Furnaces, Rehearsing My Choir, on entend soit "houla, je ne veux pas me mouiller, je vous laisse seuls juges", soit "n'écoutez pas cette bouse immonde qui n'arrive pas à la cheville de l'immense Blueberry Boat".
Alors je vais répéter ce que tout le monde dit: dans le fond, ils savent tout faire, tout jouer, et ce dans tous les styles. Le problème, c'est qu'ils jouent tout en même temps, ça saute du coq à l'âne (pas le temps de s'habituer à une de leurs charmantes mélodies qu'on est déjà passé à autre chose), c'est dissonant (mais pas d'une dissonance hypnotique), ça irrite comme pas possible. Et puis ça séduit immanquablement si on passe les deux premières écoutes. Bon, l'argument est un peu court mais il y a un charme addictif dans ces chansons. Une athmosphère un peu rétro qui est totalement à contre courant des ambiances des disques d'aujourd'hui. C'est excitant, c'est souvent émouvant et drôle. De plus, on sait qu'il sont parfaitement capables de mettre la pédale douce sur leurs expérimentations azimutées, ils l'ont prouvé avec leur indispensable EP.

Rehearsing My Choir inclut leur Mémé, qui chante comme une casserole, et c'est rien de le dire tant ses La la la me font immanquablement pouffer de rire chaque fois que je les entends. Le son n'a pas changé: de l'Electro, du Rockabilly, de la musique type Cabaret, le plus souvent dans les mêmes morceaux toujours aussi décousus (et c'est un compliment). Le plus souvent, la musique n'a qu'une fonction illustrative, soulignant, ponctuant les histoires chantées-parlées par Eleanor et sa Mémère. C'est sûr que ça ne flatte pas l'oreille, mais pourquoi des caractéristiques qui étaient autrefois considérées comme des qualités se seraient-elles transformées d'un album à l'autre en tics insupportables? Qui pense ça, d'abord? Je ne voudrais pas être désobligeant, donc je ne répondrai pas à cette question que je me suis moi-même posée (enfoirés de critiques snobs, quand même). Alors, je ne vous laisse pas juge, cet album est un évènement. Si vous ne l'avez pas dans votre discothèque, ou du moins dans votre disque dur, je n'ai plus rien à vous dire. Non, je disais ça pour rire, revenez!
Pas d'extrait du dernier, il y en a déjà .
Extrait de Blueberry Boat (2004): Inspector Blancheflower (MP3)

jeudi, octobre 27, 2005

I'm Walking On Sunshine

Voilà des petits nouveaux, inconnus à mon bataillon jusqu'ici, dont l'album est sorti il y a un mois et qui savent jouer de tout et pas toujours dans l'ordre (je me comprends, et c'est là le principal): Apollo Sunshine. On trouve pêle-mêle sur leur album du Punk-Folk à la Violent Femmes, du rock, de la country, les Smiths, quelques relents New-Wave pas désagréables. Seul petit bémol: l'album manque peut-être de souffle sur la longueur, quelques chansons auraient mérité la guillotine, mais je dis parce que je suis grincheux. Alors comme le disait, fort justement, Dick Cheney lors de sa dernière visite en Irak, ne boudons pas notre plaisir.
Extrait de Apollo Sunshine.
Flip (MP3) Bon morceau pop à tiroirs.
Today Is The Day (MP3) Celle-là, si j'étais pubard et devais faire une pub pour les bagnoles (ou du fromage), je la mettrais directement en fond sonore: c'est tellement frais et joyeux que ça vous ferait acheter n'importe quoi, voire des trucs dont je n'ai pas besoin.

mercredi, octobre 26, 2005

Spoon n'est pas une cuillère à soupe

Avant d'agiter tout le landerneau indé en troquant ses guitares contre un piano, Spoon était le meilleur tribute band des Pixies du monde. Impossible (à l'époque, en 1996) de prétendre le contraire. Le son, les guitares, le sens de la cavalcade, la dynamique, tout ça faisait furibardement penser au groupe du gros tout moche et son boudin. Sauf qu'il en faut du talent pour être faussaire, et les compos de Britt Daniel tenaient déjà franchement la route. Un simple petit changement d'option stratégique lui a permis de passer de la D2 à la D1 (jouer les mêmes chansons au même tempo, avec un son plus décharné et plus de piano).
En souvenir d'un été que j'ai passé à pogoter sur cet album avant qu'on me ramasse à la petite cuillère (ouch, désolé il fallait que je la place). Deux extraits, bien difficiles à choisir, parmi toutes les perles que contient l'album Telephono (1996). Tant pis, ça sera:
Dismember (MP3)
The Government Darling (MP3).
Attention, l'album ne contient que des chansons de cet accabit: même si mon haleine qui empeste la camel me trahit, mes doigts jaunis sur le clavier ne mentent pas.

mardi, octobre 25, 2005

La positive attitude

Toi la pluie qui m'a tant trempé aujourd'hui et la grisaille qui a mis tout le monde d'accord pour faire la gueule à Bruxelles, toi la bagnole qui a failli m'écraser avec ta connasse de conductrice irresponsable parlant dans son portable de son dernier pull acheté chez Morgan et qui m'engueule par dessus le marché alors que j'avais priorité, toi mon patron qui m'a fait courir aux quatre coins de de Bruxelles bien que tu saches très bien que je roule à vélo et qu'il pleuvait, toi le rail de tram qui sait bien qu'il est redoutable quand il pleut et que tu te prends en plus la roue arrière dedans alors que je ne peux pas ouvrir les yeux quand ça flotte et tout ça parce que des cons sont garés en double file, vous les collègues de boulot qui ne répondent jamais alors qu'on vous dit bonjour, vous les gens venant de se faire virer et que je regreterai, et j'en passe...
Vous n'entamerez pas ma bonne humeur, j'avais cette chanson dans la tête, c'est médicinal:

Jorge Ben (de l'album Big Ben): Patapatat (Mp3)

lundi, octobre 24, 2005

Nous sommes les robots

Regardez-bien cette image. Pourquoi ces gens ont-ils l'air si concentrés et pleins de confiance dans un avenir qui ne peut que s'annoncer radieux?
Parce qu'ils sont en train d'écouter l'excellent dernier album de Katerine, bien sûr.
D'autres collègues en ont déjà parlé sur leurs blogues, alors vous n'avez qu'à aller les voir ici et .

A part ça, internet c'est bien, mais c'est pas très moral. Déjà un tiers du nouvel album des Strokes (soit cinq morceaux) a fait des fuites sur le ouèbe. Vous pouvez aller , , (liens trouvés ici).

Les frères du Brésil

La musique brésilienne, ce n'est pas que des méga-bombasses justes bonnes à vendre de l'Orangina (type Chupeta) ou des classiques éternels qu'on nous a resservis jusqu'à plus soif. On a entendu récemment Seu Jorge et Carlinhos Brown, mais il y a encore plus populaire chez eux, et vraiment ignoré chez nous. Los Hermanos, par exemple qui, malgré leur nom à consonnance hispanique, est bel et bien brésilien.
Un groupe qui ne renie rien du passé Samba, mais chez qui on peut trouver des sonorités qui ne sont pas sans rappeler Radiohead (à leur plus soporifique, je le concède, notamment sur le dernier 4). Il semblerait bien qu'ils bénéficient sous leurs latitudes d'un succès à faire pâlir d'envie Kyo:Sardou/Pagny (passages sur MTV et tout le toutim), sauf que leur look fait plus penser à Grandaddy qu'à Brad Pitt et que leur musique est incontestablement plus risquée, et moins baffable. D'autres rumeurs me disent qu'ils n'ont pas le succès qu'ils méritent, j'investiguerai tout ça. Quoiqu'il en soit, c'est typiquement brésilien dans le diptytque mélancolie/soleil, sauf qu'on n'entend pas trichetéza et bélèza dedans. Rien que pour ça merci.
Los Hermanos, en extrait de Ventura (2003): Ultimo Romance (MP3)
Extrait du dernier 4: O Vento (MP3)

dimanche, octobre 23, 2005

La reprise du dimanche: 3

Alors là, je m'excuse d'avance, mais je vais faire du copié-volé d'un autre blog, Gorilla VS Bear (c'est l'ours, le plus fort).
Une reprise assez étonnante de Outkast par un petit nouveau qui en jette: Phil Weinrobe.
Phil Weinrobe: Hey Ya (MP3)
Un artiste folk-rock de plus, mais d'une infinie délicatesse. Ses notes de pedal-steel, le violoncelle ont fait fondre mon coeur de midinette: je viens de commander l'album. J'en dirai donc plus lorsque je le tiendrai entre mes petites mimines tremblantes.
Un autre extrait ici: The Joke's On Me (MP3). Plus de MP3 téléchargeables dans le blog suscité, ou sur son propre site.

samedi, octobre 22, 2005

Michel à Mathieu

Dans la vie, il y a bien des choses qui m'énervent. Mais il y en a une en particulier qui me donnerait des envies de génocide: quand tu as un boitier de CD vide, et que tu ne sais pas où est le CD en question. Alors tu ouvres tous tes disques, des fois qu'il y en aurait deux dans le même boitier. Dans mon cas, ça fait un paquet de boitiers. Tu fouilles aux quatre coins de l'appartement parce qu'il n'y a pas la place de tous les mettre sur une étagère, le chat te plante ses griffes dans le dos, alors la moutarde te monte au nez, tu perds patience et tu manques de balancer le chat par la fenêtre.
Voilà, c'est ce qui m'arrive depuis un mois avec le second album de Mathieu Boogaerts, J'en ai marre d'être deux. Des mois que je voudrais faire un post sur cet artiste en incluant la chanson éponyme, véritable merveille. Tant pis, ça sera pour une autre fois.
Du coup, j'ai réécouté hier soir son décevant dernier album, Michel (très joli titre quand même), trop tristounet et gris pour supporter plusieurs écoutes. Mais il y a des fois où on regrette de ne pas avoir plus insisté, de ne pas avoir su écouter. Je suis tombé en arrêt sur cette chanson, où il parle de ses histoires de fesses d'une manière très touchante, tout en retenue. Une pépite .
Je suis peut-être le seul à le penser, mais ce type est le meilleur chanteur français. Le seul qui travaille ses textes de manière musicale depuis Gainsbourg. Ben oui, écoutez la chanson française d'aujourd'hui, handicapée par le poids des pères tutélaires. Cette tradition qui veut qu'il faille toujours se préoccuper en premier du texte au détriment du reste.
Boogaerts, lui, a choisi de privilégier le son au sens. Je dis ça, je le dis vite car le sujet de ses chansons ne se révèle souvent qu'après plusieurs écoutes. Musicalement, il se situe dans une voie à part, entre chanson acoustique, musique africaine et reggae (mais pas façon Tryo).
J'en entends déjà qui murmurent "ouais, mais il est sur le label Tôt ou tard, ce nid de nuisibles de la chanson française, ça veut tout dire", je réponds que...rien, je ne réponds rien mais je n'en pense pas moins.
Extrait du dernier album, Michel: Un petit peu de crème (MP3)

Putain (excusez le langage ordurier, mais j'aime bien dire putain), je viens de retrouver le CD, il était tombé sous l'étagère. Mais il est trop tard pour effacer ce post.
Extrait de J'en ai marre d'être deux (1998): J'en ai marre d'être deux (MP3). La plus belle chanson en noir et blanc du monde qui chante en français.

vendredi, octobre 21, 2005

C'est vraiment trop injuste!

Dans ce genre musical de la lose qu'on a rétrospectivement appelé Shoegazing, franchement, vous vous souvenez de qui? Trois, quatre noms, tout au plus. Et plein de groupes passés dans les poubelles de l'histoire. Il faut vraiment être un maniaque, ou s'appeler Brother Roger, pour se souvenir des Thousand Yard Stairs, de Chapterhouse ou de Swervedriver.
Ces derniers sont les pires poissards d'entre tous, parce qu' ils ont insisté pendant plus de dix ans malgré l'insuccès, l'indifférence, les chroniques assassines du NME et les renvois de maisons de disques. Et pas les plus mauvais, parce qu'ils avaient une personalité et un son qui se démarquaient nettement de leurs collègues de bureau. Il aura fallu que le chanteur de The Vines pose avec l'un de leurs t-shirts pour qu'ils suscitent un minimum d'intérêt (si c'est pas malheureux, quand même!). Trop tard, ils venaient de se séparer.
Leur son consistait de guitares qui semblaient éternellement tourner en spirale, de mélodies pop pas toujours sifflotables sous la douche et jamais, au grand jamais enjouées, rarement mélancoliques non plus il est vrai. Rajoutez des compositions tout en ruptures, uniques et instantanément reconnaissables, une évolution stupéfiante à partir du second album Mezcal Head: vous obtenez un groupe qui, dans un genre somme toute accessible, pourrait bien être le secret le mieux gardé des années 90. Il existe une bonne compile parue cette année qui récapitule tout ça, jetez-y une oreille.
Swervedriver:
Extrait de Ejector Seat Reservation (1995): The Other Jesus (MP3)

Extrait de Raise (1991): Son Of Mustang Ford (MP3)

A noter qu'on peut télécharger plein de raretés sur un site qui leur est consacré.

jeudi, octobre 20, 2005

Kolossale finesse

Un petit mot doux pour saluer tous ceux qui se sont lancés pour concilier deux univers qui semblent à priori inconciliables: l'humour et la musique. Certes, il existe bien des exemples (Pit et Rick, Patrick Topaloff, Annie Cordy, Carlos et j'en passe).
Mais, je voudrais vraiment parler musique, une qui s'écoute à la maison et pas dans les fêtes de famille, avec des arrangements et une sensibilité un peu rock (c'est quoi, d'ailleurs, une sensibilité rock?). Quand on voit le sérieux de la musique actuelle, il y a souvent de quoi avaler un verre de mort au rat en faisant passer tout ça avec du Kiravi. Tiens, des noms, au hasard. The White Stripes, The Strokes, The Libertines, Sufjan Stevens (liste non exhaustive). Attention, je ne cherche pas à remettre en cause la qualité de leurs musiques, mais franchement, y a pas matière à se plier en deux en se tenant les côtes. Ca laisse l'impression qu'émotion et humour sont antinomyques.
Certains ont fait de timides efforts en ce sens (c'est à toi que je cause. Oui, toi le hippie barbu au premier rang. Et arrête de tripoter Bianca!), d'autres s'en sont fait une spécialité.
En France, il y a Didier Super, dont la richesse des arrangements n'a d'égal que sa bonhommie légendaire. Aux USA, Ween fait depuis dix ans de la gaudriole douteuse son fond de commerce.
Alors je vais bien profiter de la sortie d'un nouvelle compile de faces B pour balancer un morceau (tous les prétextes sont bons)
Ween, extrait de Shinola: Boys Club (MP3) + The Blarney Stone (MP3) de The Mollusk.

Didier Super, extrait de Vaut mieux rire que de s'en foutre: Dis-moi Didier Super (MP3)

mercredi, octobre 19, 2005

Oh flowers of Scotland...

De tous les peuples que j'ai pu croiser, les Ecossais sont ceux qui versent le plus dans l'auto dépréciation. Ce sentiment d'être un petit pays, de s'être fait avoir par les Anglais, le climat rude et balayé par les vents, le soleil qu'on ne voit pas beaucoup en hiver et qui ne donne pas le moral. Il y a aussi une nature d'une beauté à couper le souffle, la mer, le ciel constamment changeant (je devrais écrire des paroles de chanson, moi)...
La rivalité propre à chaque pays ne se situe pas au niveau nord-sud, comme chez tant d'autres, mais dans l'axe Est-Ouest, un peu comme aux Etats-Unis. Normal quand on sait que les deux pôles économiques sont Edimbourg l'aristo et Glasgow la prolo, distantes d'une soixante de kilomètres . Pratiquement tous les groupes Ecossais viennent par conséquent de Glasgow (TFC, Franz Ferdinand, Mogwai, The Pastels, Orange Juice, Belle & Sebastian, etc...).
Pourtant, il existe plus d'un groupe recommandable sur la côte Est, bien plus azimutée que sa rivale. On peut même parler d'une mini scène qui contiendrait des gens tels que les défunts Beta Band, King Creosote (voir ce post), James Yorkston et The Lone Pigeon (Boards Of Canada viennent également du coin).
Lui n'a vraiment jamais eu de chance: membre fondateur de Beta Band, il a dû leur fausser compagnie avant qu'ils enregistrent quoi que ce soit pour cause d'internement en hôpital psychiatrique. Une fois sorti, son ex-groupe avait largement eu le temps de nous décevoir avec un Hot Shots 2 bien nommé et lui une carrière à reprendre, il a choisi comme pseudo The Lone Pigeon (vous savez, ces rats volants qui vivent toujours en groupe) .
Aidé de son pote King Creosote, il s'est attelé à produire deux albums, Concubine Rice paru en 2002 et Schooozzzmmmii (à prononcer tout haut pour comprendre) qui date de sessions antérieures au premier, mais a été publié en 2003, j'espère que vous suivez.
Concubine Rice est assez bordélique, certains morceaux contenant trois ou quatre chansons différentes. Il y joue une espèce de folk décharné et bricolo, avec quelques machines et fait des incursions dans le rap (Beatmix Chocbar rap, un rap qui se passe à Fyfe), le tout enregistré avec un budget Emmaüs.
Schooozzzmmmii est lui plus classique, enfin disons plus normal. The Lone Pigeon se contentant de la classique structure couplet-refrain. Mais le résultat n'en est pas moins beau.
Car un peu comme ses compatriotes de Boards Of Canada, sa musique laisse l'impression que son environnement l'a fortement influencé. Il y a là les mêmes paysages déserts mais pas désertiques, la même mélancolie aussi (c'est peut-être ça, le son East Coast).
Je rêve quand même que The Earlies ou quelque autre producteur fasse subir le même traitement que celui subi par King Creosote sur son dernier KC Rules OK, à savoir une mise en lumière de son travail. On peut toujours rêver. On est sans nouvelles de lui depuis 2003, à part un EP avec James Yorkston.

The Lone Pigeon, extrait de Schooozzzmmmii: The Sound Of A Gun (MP3) et Lonely Vagabond (MP3)

mardi, octobre 18, 2005

Changement de nom, ben oui

J'ai un peu créé ce blog sur un coup de tête. Absolument rien de prémédité. Rien de pensé. Ni la mise en page, ni le nom.
Maintenant que je me prends un peu plus au jeu, faudrait peut-être penser à revoir ce nom, le plus mauvais de toute la blogosphère sans discussion. Alors j'ai pensé à cette chanson un peu tarte de Gainsbourg dont j'aimais bien le titre. Dont acte.
Et comme ici tout se termine en chansons, avec un beau sourire de vainqueur:
Serge Gainsbourg: Un violon, un jambon (MP3)

PS:
Mon vieux quand on a pas ce que l'on aime
Faut aimer c'que l'on a.

Dégelée royale

Alors là, si je sors de ce post vivant, il s'agira d'un petit miracle.
Comment parler d'un groupe dont on ne sait pratiquement rien, qui n'a jamais deux fois le même chanteur ni de style défini?
J'exagère à peine. Disons que le son de Les Fleurs De Lys est bien dans la mouvance Rock Psychédélique des années soixante, avec un penchant bien affirmé pour la Soul. Aucun hit à leur actif pendant leur courte carrière (de 65 à 69), des changements de personnel incessants (seul le batteur est resté du début à la fin). Bref, un beau fiasco.
Pourtant, depuis que j'ai découvert la chanson Mud In Your Eye, j'ai été litéralement obsédé par ce groupe. Et oui, un groupe de super-héros (avec un astiqueur de manche-hors-pair), carré comme pas possible, divertissant, passionné et de surcroît vieux et oublié de tous, ça ne tombe pas sous le sabot d'un cheval d'un snob tous les jours, non?
Et puis en achetant l'album Reflections qui regroupe tous leurs enregistrements, je me suis aperçu que le reste n'était pas toujours à l'avenant, mais recèlait quand même au moins cinq ou six petites pépites, dont ce Daughter Of The Sun (MP3).

Et puis il y a quand même l'immense Mud In Your Eye (MP3).

lundi, octobre 17, 2005

Un agent très spécial

Dans les marchands de soupe des années soixante, certains ont quand même fabriqué du velouté en série, des anti-Jean-Pierre Tricatel en quelque sorte. Une certaine idée de l'élégance digne des pubs featuring l'ambassadeur, un brin surannée aujourd'hui, devenue "cool" et fréquentable avec la patine du temps.
Et il y en a des noms en vrac: Henri Mancini, Lalo Schifrin, Jimmy Webb voire Bacharach, Michel Legrand et Philippe Sarde.
Hugo Montenegro était un mercenaire de cette race-là. Lui aussi a fait d'innombrables BO (par exemple The man from U.N.C.L.E., Deux agents très spéciaux en VF, il me semble).
Il pourrait être rapproché de Gainsbourg dans cette envie d'embrasser n'importe quel style, pourvu que ça marche, tout en le transfigurant.
Sauf que son génie à lui ne résidait pas dans la composition, mais dans l'arrangement. Et sa discographie est partie dans tous les sens: du Latin Jazz à la Pop Psychédélique. C'est d'ailleurs sa spécificité, c'est le plus influencé par les sons pas nets qui flottaient dans l'air à l'époque, et c'est sûrement là qu'il excelle le plus. Notamment sur cet album de 1969, Moog Power qui essayait d'expérimenter avec cet instrument, le tout dans le but avoué de vendre le plus de disques possible.

Extrait de Colours Of Love (pas trouvé de lien marchand, ça sera certainement sur le Best Of, alors...), cette merveille de When It Was Done (MP3), chanson écrite par Jimmy Webb, mon fournisseur de loukoums préféré.

De Moog Power (1969): My Way (MP3), écrite par cette vieille buse de Jacques Revault. D'ailleurs, je ne collabore plus avec lui depuis.

dimanche, octobre 16, 2005

La reprise du dimanche: 2

La reprise du dimanche n'est pas une reprise. C'est toujours comme ça, je prends plein de bonnes résolutions (arrêter de fumer, tout ça...) et je m'y tiens une semaine, jamais plus.

On ne peut donc pas parler de reprise pour ce morceau, mais de réinterprétations diverses (arf!), jugez plutôt:
David Bowie & Brian Eno + Phil Glass + Aphex Twin= un titre qui arrache tout sur son passage.

Je refais dans l'autre sens: un remix par Aphex Twin de la Heroes Symphony de Phil Glass, qui elle-même était une réorchestration de l'album de Bowie. Si avec ça je n'ai pas droit à une citation dans le Monde de la musique classique. Euh...non.

Phil Glass: Heroes (Aphex Twin Remix) (MP3), trouvable sur l'album 26 Mixes For Cash.

samedi, octobre 15, 2005

La méga-classe!

Que celui qui n'a jamais aimé les sucreries me jette son premier rocher Suchard à la figure. Que celui qui me rétorque que Burt Bacharach est de la daube aille voir sa maman, m'étonnerait pas qu'elle se soit fait tripoter les fesses sur une de ses chansons (d'ailleurs, je préfèrerais que ça se soit passé sur The Look Of Love plutôt que sur Vous les copains).
Oui, celui qui a écrit tant de standards s'apprête aux dernières nouvelles à publier un album incluant Costello et Dr Dre critiquant Bush. C'est bien. Mais il a fait mieux, au moment de l'affaire Clinton-Lewinsky, il a déclaré (je cite de mémoire): "je suis pour qu'on mette Clinton en prison, avoir un aussi mauvais goût en matière de femmes, c'est intolérable!"
Ce type mérite vraiment de monter au paradis, et sans qu'on lui pose trop de questions.

Burt Bacharach: Don't Go Breaking My Heart (MP3)

Agneau mécanique

Lambchop vient de sortir un EP en collaboration avec un groupe électro, Hands Off Cuba, qui comme eux est basé à Nashville.
C'est bien au moins? Mouaif. En fait, je ne vois pas trop de collaboration là dedans. Le premier morceau sonne comme du Lambchop pur jus (une bonne face B de single, sans plus), les trois autres comme des remixes bien mais pas top, le groupe leur ayant certainement donné des parties musicales mélangées et reconstruites (sans grand talent) par HOC.

Plus intéressant, Kurt Wagner, chanteur desdits Lambchop vient de poser sa voix unique sur le dernier single de X-Press 2. Le résultat sonne un peu comme du Primal Scream période Screamadelica, un mélange de Gospel et de House (cf: Together and More). C'est étonnant et très recommandable.

Extrait du EP CoLab:
Lambchop/Hands Off Cuba: Blur (MP3)

X-Press 2 (feat. Kurt Wagner): Give It (MP3 piqué à Fluxblog, toute honte bue).

vendredi, octobre 14, 2005

Echo, écho, écho, écho

Je sais, ça tient de l'obsession, ça doit être au moins mon cinquième post sur eux, mais une semaine sans parler des Flaming Lips n'est pas une semaine heureuse, du moins pour moi.
Alors voilà, je vais parler de la naissance de l'album Zaireeka (contraction de Zaïre et d'Euréka), qui a la particularité d'être un quadruple album dont les quatre CD doivent être joués simultanément. Idée débile? Oui, mais je vais y revenir.
La génèse de cet album date de 1996, lorsque le leader, Wayne Coyne décide d'organiser ce qu'il appelle The Parking Lot Experiment (lien vidéo Quicktime un brin long à charger) consistant à utiliser la stéréo de dix, puis quarante voitures ensemble afin de faire un concert. Les membres du groupe étant au centre et demandant au conducteurs d'appuyer sur la touche Play de leur lecteur à différent moments afin de jouer des parties préalablement enregistrées par leurs soins.
Puis le concept prit la forme de Boombox Experiment (vidéo Quicktime), des lecteurs portables remplaçant les auto-radios, avec encore plus de participants et un mix en direct.
L'idée a vite germé de faire la même chose, mais sur disque, et avec quatre cd à jouer simultanément pour avoir l'intégralité d'un seul et même album.
Vous imaginez bien les contraintes que cela entraîne. D'abord, peu de gens ont quatre platines CD à disposition, ensuite, il faut une sacrée dextérité pour que quatre personnes arrivent à appuyer sur le bouton play à l'exact même instant. Caprice de gosse de riche? Folie? Ben non, non, non et non...(quatre fois non, donc)
D'après Coyne, les lecteurs CD ne jouent de toute façon pas à la même vitesse, ce qui entraîne des décalages différents à chaque fois qu'on joue cet album.D'après le groupe, ces décalages seraient étudiés, un rêve de musique techno aléatoire, mais faite par vos propres mains. Et puis l'idée géniale est de ne jamais écouter cet album seul, puisque les cd pris individuellement sonnent totalement abstraits. Chaque écoute n'en ayant que plus de valeur.
En tout cas, il me semble que ce concept a le mérite de poser des questions intéressantes, en dehors de tout coup de pub dont on pourrait les soupçonner: la valeur de la musique qui tombe de plus en plus toute cuite dans nos oreilles alors que nos arrière grand-parents ne devaient pas en entendre si souvent: ce disque se mérite, physiquement; la part de hasard dans la musique: chaque écoute sera fatalement une expérience différente de la précédente; ils posent problème du décalage en musique, si chère à la techno, la place du silence, etc..
Musicalement, Zaireeka préfigure largement le son de The Soft Bulletin paru en 99, très organique, du piano, plus de guitare saturée, ce qui était leur marque de fabrique pendant plus de dix ans. Coyne y chante des histoires à dormir debout (The Big Ol'Bug Is The New Baby Now). Bien sûr, les réactions ont été contrastées à sa sortie, ce disque récoltant des notes de 0 à 10 chez les critiques, aucune autre entre ces deux extrêmes.
Re-bien sûr, des petits malins se sont amusés à en faire un mix, des copies "assemblées" circulent sur le ouèbe, je persiste à penser que l'album perd pour beaucoup de son attrait, en voici un exemple.

Extrait de Zaireeka (1997): The Big Ol' Bug Is The New Baby Now (MP3 assemblé et non officiel)

Les liens vidéo viennent du site The Tantalizor

Seul sur la plage les yeux dans l'eau...

Amateur de musique electro contemplative, réjouis-toi, les plus régressifs d'entre eux sont de retour: les Ecossais de Boards Of Canada.
Régressifs, oui, parce qu'ils sont obsédés par l'enfance. Mais eux ne téléchargent pas le générique de Casimir, ils font de la musique que ta cousine qui vient de s'offrir le coffret DVD des Cités D'or ne pourrait pas écouter: elle te dirait qu'elle avait toujours su que tu étais une personne bizarre.
Petit changement de cap pour ce nouvel album The Campfire Headphase qui troque les rythmiques Hip Hop contre des guitares, parfois des batteries. Attention, ils ne se sont pas mis à faire du Franz Ferdinand, il s'agit bien du même groupe, des mêmes atmosphères rêveuses avec la même patine nostalgique. Bref, cet album est dans la lignée du précédent Geogaddi. Je regrette quand même que, comme sur le dernier cité, il y ait si peu de morceaux qui secouent le cocotier et sortent l'album de sa torpeur, comme il y en avait tant sur Music Has The Right To Children, qui risque bien de rester leur unique chef d'oeuvre. Allez, très bon album quand même.

Extrait de The Campfire Headphase: Chromakey Dreamcoat (MP3)

Extrait de Music Has The Right To Children, ce qui reste leur meilleur morceau (mais ça n'engage que moi): Telephasic Workshop (MP3)

PS: Je viens de découvrir Jackson, après tout le monde, il y avait longtemps qu'un morceau tel que Radio Caca ne m'avait autant enthousiasmé.

jeudi, octobre 13, 2005

Marc Toesca présente...

... le top 50 des meilleurs disques de l'année basé sur les notes que leur ont données les critiques (américains je pense). C'est ici, c'est maintenant, c'est n'importe quoi et c'est visible .
A part ça, RIP aux Little Rabbits.

TFC champion de la SPL

Déjà quelques posts à mon actif et je n'ai jamais rien écrit sur les glaswegians de Teenage Fanclub (TFC pour les intimes). Quelle endive je fais!

Ce groupe, qui est probablement le plus sympathique et le plus attachant du monde, a pour particularité d'avoir calqué son style sur celui d'une chanson de Big Star: September Gurls, puis de l'avoir déclinée à l'infini, ce qui les rend d'autant plus aimables: on sait exactement à quoi s'attendre lors de la sortie d'un nouvel album. C'est archi-prévisible, mais que c'est bon!

Chacun des membres du groupe (excepté le batteur, soit Norman Blake, Gerard Love et Raymond McGinley) écrit les chansons et les chante lui-même, celles de Gerard Love (j'adore ce nom) étant les plus mielleuses. Ils enchaînent les albums depuis une quinzaine d'années sans baisse de forme notable.

Il y a de toutes façons de fortes chances que vous possédiez déjà l'intégralité de leurs albums, alors, pour changer, voici une étonnante version acoustique de Star Sign (de l'album Bandwagonesque) avec du banjo et un final psychédélique avec des flutes, celles avec lesquelles on a écorché les oreilles de nos parents en classe de 6ème, et qui n'est pas sans rappeler les Boo Radleys de Giant Steps.

Star Sign (mp3)

Plus une version country-celtique d'Everything Flows (MP3)

Et en prrrime, le site de la SPL. Comment j'suis gentil!

mercredi, octobre 12, 2005

Crevettes exotiques

Je suis tombé sur eux un peu par hasard et la surprise fut de taille: Shrimp Boat, un combo de Chicago qui sévit entre 85 et 93. Très bon groupe dont le son ne ressemble à rien de connu. Non, vraiment.
Un mélange loufoque de folk, de jazz, d'un peu n'importe quoi mais pas assemblé n'importe comment.
Si je devais balancer un nom auquel les rattacher, je dirais qu'il y a un peu de The Sea And Cake (dont je n'avais pas parlé ici) dans leur envie d'exploser la chanson, en moins électronique. Et c'est normal, deux des ex-Shrimp Boat ont rejoint ce groupe.

C'est varié, c'est frais, ce n'est pas prise de tête, vous pouvez l'écouter au petit-déjeuner.
En extrait de leur ultime album, Cavale paru en 1993:

Blue Green Misery (MP3)

mardi, octobre 11, 2005

Le post de la rigolade

Tu es seul? Pas d'ami(e)s? Moche? Les poils te poussent dans les oreilles? Il neige? Les gens te prennent pour une truffe? T'as trempé ton biscuit là où il ne fallait pas? Tu viens d'écraser un caniche?

Meuh c'est pas grave, il y a des gens bien plus malheureux que toi. Prends Codeine par exemple, je ne sais pas ce que le petit Jésus à bien pu leur faire, mais ils n'étaient pas heureux, mais alors pas du tout. Deux petits albums et on s'est entretué.
On les a classés dans le slow-je-ne-sais-plus-trop-quoi (les étiquettes ont le don de m'énerver), tout ce que je sais, c'est que ça ne se danse pas, et surtout pas à deux, ou alors avec une arme collée sur la tempe.
N'empêche qu'ils avaient un sens de l'espace et du silence (et de la tempête aussi) qui avait quelque chose de jouissif, pour qui aime les espaces vierges et désolés (d'exister, hinhinhin).
Du coup, la moindre lueur d'espoir tient lieu de feu d'artifice, voire d'hymne à la joie tant les zygomatiques sont peu sollicités. Mais y en a qu'aiment ça, moi j'adore. Cette musique est grisante, mais d'un gris...

Codeine, extrait de The White Birch (1994)

Loss Leader (MP3)

Extrait de Frigid Stars (1990)

Pea (MP3) A noter que cette chanson était souvent reprise en concert par Diabologum.


PS: Bon anniversaire au petit frangin Arnaudsardou. Désolé pour la musique sinistre. Ce sera plus jouasse demain, promis.

lundi, octobre 10, 2005

Caricature

Encore du pas frais, et mal emballé en plus. Et oui, mais je n'demande qu'une chose: qu'on me donne l'envie (d'écouter des trucs neufs). Et l'envie d'avoir envie parce que quand je vais chez mon disquaire préféré, il fait de plus en plus la gueule. Bon, je reconnais que j'ai pas l'air d'un gars à la coule, mais quand même.
Tiens, quand j'ai un petit coup de pas le moral, je relis des choses que j'adore, je revois des films que j'aime bien. Et bien hier soir, figurez-vous que c'était Ghost World.
D'abord, c'est une BD de Daniel Clowes, ensuite c'est un film de Terry Zwiggoff qui a un peu refait toute l'histoire. Je ne vais pas m'improviser critique de film, d'autres le font très bien (voir à gauche), mais j'ai adoré cette histoire où les personnages sont des inadaptés à la vie accomplis, ou en devenir. Je recommande chaudement l'un (Daniel Clowes pour toute son oeuvre) comme l'autre (Zwigoff a fait un documentaire génialissime sur Robert Crumb).
A part ça j'ai mangé des sardines, ce soir.

En extrait de la BO de Ghost World, le meilleur rocker Indien que je connaisse:

Mohammed Rafi: Jaan Pehechaan Ho (MP3)

dimanche, octobre 09, 2005

La reprise du dimanche: 1

Ben ouais, va bien falloir se cadrer, alors je cadre mes tirs et pof: une reprise (de volée, Arf!) et ce sera comme ça chaque dimanche.

Dinosaur Jr : You Show Me The Way (MP3)

de l'atroce Peter Frampton est parfaite pour commencer.

samedi, octobre 08, 2005

Aime les cons et tu t'aimeras toi-même

Un homme capable d'une telle phrase ne peut pas être totalement mauvais, quoique...
Son responsable s'appelle Didier Super, il a un clip qu'on peut voir ici (via Chronowax).

Biff! Bang! Pow!

Encore un groupe (anglais) qui n'a pas trop eu de succès de son vivant mais qui a fait bien des petits: The Creation.
Des paroles ironiques (Can I Join Your Band, faisant un peu écho au So You Want To Be A Rock'n'Roll Star des Byrds), des chansons survitaminées (Biff! Bang! Pow! dont Alan McGee a repris le nom pour fonder son groupe), un son de gratte qui arrache (leur guitariste a été le premier à jouer avec un archet).
The Creation a, sans qu'on sache trop pourquoi, enchaîné bide sur bide, débouchant sur une inéluctable séparation.

Leur influence se retrouve sur la quasi-totalité des groupes du label Creation (pas étonnant, le nom de ce label est un hommage au groupe) de Jesus and Mary Chain à Ride en passant par My Bloody Valentine. McGee a d'ailleurs provoqué la reformation du groupe, les a signés et fait faire un album en 93.


En extrait de We Are The Paintermen (1967)

Pas de Biff Bang Pow, largement trouvable sur des compiles mais:

How Does It Feel To Feel (chanson énorme au son hénaurme, plus tard mal reprise par Ride)

Making Time
(celle-là aussi classique, un peu oubliée)

vendredi, octobre 07, 2005

Parlons d'autre chose...


De Studentfilm par exemple. Un combo poussé aux fesses par les Flaming Lips ces derniers temps. Peut-être pas le groupe qui va révolutionner la face du monde de la musique indé, mais suffisamment intéressant pour qu'on les suive de près dans les mois qui viennent.
Alors là, ce n'est pas une ni deux ni trois mais plein de chansons qu'on peut écouter ici, et .


A part ça, Pete Townsend (celui des Who) est un blogueur, ou plutôt un auteur. Vous pouvez y jeter un oeil.

Les oies blanches

Dans un genre qui n'a pas peur de l'emphase, du premier degré au risque d'être ridicule, voire indigeste, et bien il y a Sparta qui fait figure de presque exception.
Moignon restant d'At The Drive In, eux contrairement au FLNC canal chevelu (The Mars Volta) font dans l'épure. Enfin, c'est relatif tant leur musique ignore totalement la notion de second degré genre je rentre dans ma chambre passque vous êtes tous des cons dans cette famille.
Pourtant, ils font avancer le schmilblick, des coudées au dessus de leur collègues Emo, dont les besogneux The Get Up Kids. Eux n'ont pas peur d'expérimenter en mettant des machines dans ce genre si bas du front, et font des chansons surprenantes.

Extrait de Wiretap Scar: Collapse (MP3)

Extrait de Porcelain: Breaking The Broken (MP3)

jeudi, octobre 06, 2005

Le pneu crevé

Tom Waits, c'est dans Down By Law qu'il m'a le plus impressionné. Son personnage de pauvre buse qu'on devine vaguement alcoolique est en train de se faire lourder par sa copine, une furieuse qui lui jette tous ses disques à la figure. Lui reste impassible et ce n'est que quand elle menace de foutre en l'air ses chaussures croco de compétition qu'il daigne lui lancer un "Not the shoes" résigné. La classe du taiseux.

On peut aussi imaginer un orchestre de baloche franchement rétro, des athmosphères enfumées, un bar style cabaret avec quelques filles à la peau prématurément vieillie, le regard un peu triste (certaines sont des professionnelles), une majorité d'hommes qui ne se parlent pas.
Un des gars accoudés au comptoir se lève, marche d'un pas un peu chancelant, monte sur scène. C'est un crooner abimé qui chante des histoires qui se ne terminent pas très bien.
Sa voix fait penser à un pneu crevé, disait Phillipe Garnier: les hectolitres de Whisky et les tonnes de goudron l'ont irrémédiablement marquée. C'est tantôt poignant, tantôt chanté avec une indifférence feinte. C'est comme ça depuis vingt-cinq ans. Toujours pareil, jamais vraiment pareil non plus: ça se joue avec des peignes, des cuivres, du piano. Sa musique fonctionne comme je viens de l'écrire: aux rêves et aux ambiances qu'elle évoque. Après, chacun peut se faire sa séance de ciné personnelle.

Tom Waits n'a jamais été vraiment à la mode, sa musique ne vieillit pas puisqu'elle a toujours été un peu datée, mais sans tomber dans les clichés passéistes à la Leon Redbone. Raison de plus pour l'écouter tout le temps, et à tous les âges de la vie.

Extraits de l'album qui l'a vu s'éloigner pour la première fois des athmosphères country et jazzy qui étaient sa marque de fabrique jusqu'alors: Swordfishtrombones (1983). Depuis, il creuse le même sillon.

Le brinquebalant 16 Shells From A 30.6 (MP3)

Le déchirant In The Neighbourhood (MP3)


A noter qu'il a mis plus d'une multinationale en procès, refusant toujours qu'on utilise sa musique a des fins publicitaires: les pubeux sont bien sûr friands de musiques aussi évocatrices. Moby, lui, dit toujours oui. Constatez la différence.

mercredi, octobre 05, 2005

La chanson la plus sidérante des années 2000

Allo? ...Oui, c'est lui-même.... Qui? Michel Sar..., en personne? ....Quel honneur vous me faîtes, je suis votre plus vieux fan...Ben oui, j'ai copié votre nom, c'était une sorte d'hommage... Mais comment vous avez trouvé le mien? ...Oui, le vrai je veux dire...Ah, c'est si facile que ça...Vous trouvez que mon blog patine?....Prévisible?...Plus de chansons françaises où qu'on dit qu'on paye trop d'impôts?.... Ah ouais, ouais...C'est vrai, les fonctionnaires, c'est rien que des faignasses...Des privilégiés, je cherchais le mot...c'est ça...Mais je peux garder vot' nom, alors?...Ok, bises Michel.

Bon, il va falloir la jouer finaude.

C'est extrait de l'album OUI. Le groupe s'appelle La mer et le gâteau, l'autre groupe de Jean, le chef de Tortue de Terre (c'est des noms de code).

Le titre, c'est Toutes les photos (des sales fonctionnaires d'EDF qui seront retenues comme pièces à charge)-MP3
Ce titre est révolutionnaire. Il y a là de quoi hypnotiser une foule de syndicalistes au couteau entre les dents si on la passe suffisamment fort. On évite ainsi que les CRS attaquent et que la presse gauchiste s'empare de l'affaire et ne paralyse le pays.
Merci qui? Merci michelsardou. Libérons les énergies!

Mais on va finir par avoir tout l'album!

Après Juicebox, un autre morceau du nouvel album des Strokes gentiment donné à Stereogum par un lecteur "désintéressé". Hum...
Celle-là non plus ne casse pas trois pattes à un canard.
Pour le lien direct-indirect, c'est ici.

C'est beau une campagne de pub ( et des bloggeurs qui jouent le jeu).

Pas dans mes nouvelles habitudes de modifier un vieux post, mais je trouve finalement cette chanson, au bout de trois écoutes bien plus aimable que la première, écoutable à présent sur leur site, ou celui d'Interprétations Diverses.
Dont acte: You Only Live Once, c'est écoutable là si tu cliques maintenant, et appelez moi miche la pute des bloggeurs. Bref, j'ai tellement honte que j'en fais des fuites.
Mais je retire tout ce que j'ai pu dire sur ce titre auparavant: ça s'installe bien gentiment dans le conduit auditif et ça s'incruste irrémédiablement dans le cortex. Et malgré tous les quolibets dont il a pu être la cible, il faut reconnaître que Julian Casablancas est un putain d'interprète. Bon, avec douze pages tartinées dans chaque magazine (dont Télérama) en janvier, on ne chantera peut-être pas la même musique. Apprécions maintenant, donc.

mardi, octobre 04, 2005

Ah, les belles bacchantes!

J'en avais parlé . Les meilleurs limiers ont retrouvé sa trace, l'ex-bassiste de Hüsker Dü, les plus belles bacchantes du punk-rock, j'ai nommé Greg Norton aurait ouvert un restaurant avec sa femme.

Ce qui me rend dubitatif, c'est ça:

Greg Norton has spent the last 26 years in the restaurant business working with outstanding culinary teams throughout the region.

Bob Mould roi du rizzoto? Grant Hart prince du soufflé? Bon, en tout cas, j'ai toujours pensé que Norton avait une ressemblance étonnante avec le personnage de Chef dans Apocalypse Now (vous vous souvenez, il est dans l'équipe du bateau, on lui coupe la tête à la fin).

En tout cas, pour réserver une table, cliquez

Come On Let's Lips Again


Comme (je me l'étais) promis, encore un post sur les Flaming Lips. Quoi? Encore un?
Ben oui mais je trouve que cet album marque une étape importante chez ce groupe pas suffisamment apprécié à sa juste valeur dans nos contrées. Et puis c'est mon blog et je fais ce que je veux. Nah!
Hit To Death In The Future Head reste la première fois où ils ont bien voulu mettre deux ou trois mélodies dans leur soupe abrasive. Plein d'idées démentes, cet album est une valeur sûre. Surtout un bon gros déni à tous ceux qui pensent que la musique de ce groupe ne trouve sa place que dans un ascenceur. C'est tout?
Ben oui, je suis crevé et pas inspiré ce soir, et pis y a qu'à écouter. Je parlerai des chansons où des filles mangent des tartines à la vaseline une autre fois.

Extrait de Hit To Death In The Future Head (1991)

Talking 'Bout The Smiling Deathporn Immortality Blues (everyone wants to live forever)-MP3 ou comment transformer avec une idée simple une chanson banale en chanson géniale.

The Magician VS The Headache- MP3

lundi, octobre 03, 2005

Back To Monogamie


Dans mon très mauvais blog de championnat du monde de la blague pas drôle, il va falloir que j'en trouve une de fort mauvais goût, genre phrase choc, pour parler d'Ike & Tina Turner: j'avais pensé au choc des poings d'Ike, le bleu des paupières bleues de Tina, mais je viens de la faire il n'y a pas longtemps. Et puis Tina, Ikie et bleu, c'est en trop, stylistiquement et éthiquement; en plus quand je me relis, j'ai envie de me les mettre moi-même, les poings et les paupières bleues.
Alors assez d'auto-flagellation comme ça, je ne vais pas remettre ma carrière de michelsardou sur le tapis, j'en pleure suffisamment.
Bon, disons qu'après une carrière remplie de chansons-déclarations d'amour, Anna Mae dit un jour adieu à son gentil faux-mari (faux parce qu'il n'a jamais pris la peine de divorcer, gentil parce qu'attacher les gosses contre un tison fumant, ça allait deux minutes); et tout ça parce qu'il n'avait pas admis que Cécilia le trompe. Bon, j'arrête.
Pour bien mettre les poings sur les i (Pfffff!), il reste quand même une pléthore de bons titres, dont cet album qui a une face A himalayesque, produite par Phil Spector, autre déjanté notoire (la B aussi, remarquez, mais moins bien, je trouve; mais il n'est pas en taule, Spector, d'ailleurs?).

Extrait de River Deep, Mountain High

River Deep, Mountain High (MP3)

I'll Never Need More Than This (Mp3)

PS: ne cherchez pas pour le titre, c'était un pis-aller. Je vous ai épargné Simply The Best ou We don't Need Another Hero, pas osé.

dimanche, octobre 02, 2005

I Was There...

C'était en 1965, je crois. Date de sortie de Here Are The Sonics.
Comme vous êtes très perspicaces, vous aurez deviné que le sujet de ce post ne sera pas les Rubettes, mais ce sera pour une autre fois.
Le son de The Sonics se résume en une formule (lapidaire): jouer du rock'n'roll plus vite, plus fort et plus mal que tous ses copains de l'époque.
Le chanteur Gerry Roslie s'était entraîné pendant des années à imiter le cri du cochon qu'on égorge, se tirant la bourre avec ses contemporains Screaming Jay Hawkins et James Brown. Gerry Roslie est d'ailleurs aujourd'hui définitivement aphone, il parle un peu comme Miles Davis. Le batteur est parkinsonien, le guitariste n'a plus de mains.
Bref, qu'est-ce que ça dépote!!! Ma grand-mère n'aurait jamais pu écouter ça.

En extrait de Here Are The Sonics, je vous épargne les célèbrissimes Psycho et Strychnine, déjà disponibles sur pas mal de compiles, mais pas

The Witch (Mp3)

ni

Have Love Will Travel (Mp3).

Sonic Boom de Spacemen 3 et Boss Hog ne s'en sont jamais remis. Ouaaaaaaaaahhhou!

samedi, octobre 01, 2005

Qu'est-ce que c'est que ça?

J'ai une passion malsaine, je dois bien le reconnaître, pour Bourvil.
A une époque, il a essayé de se mesurer aux provocations de Serge Gainsbourg. Sauf que lui n'a jamais manié la méchanceté ni l'ironie quand il essayait de parodier ses congénères, un cas plus jamais vu depuis lui dans l'humour francophone. Et puis je trouve que ça n'a pas trop mal vieilli.

En duo avec Jacqueline Maillan, une parodie de Je t'aime moi non plus:
ça (MP3)

Pour acheter une compilation de Bourvil, faîtes comme ça.

Le poids des notes, le choc des paupières


Je ne voudrais pas faire du mauvais esprit (en fait si), mais il semble bien que pour attirer la hype sur ses frêles épaules, il faille imiter, en 2005, la manière de chanter fiévreuse de David Byrne qui lui même chantait un peu comme Eugène Saccomano quand il dit "oooooooooooouuuuureufaileumatch".
Wolf Parade, comme c'est un groupe de finauds, a bien compris le truc. Et puis ils se sont dit qu'ils allaient faire dans le style balades cabossées, ça marche bien en ce moment le côté je suis un sombre artiste sombre (je ne vois pas la lumière). Rajoutez quelques Houhou , des Hoho et des La la la la la, une ou deux dissonances et hop, en route pour la gloire.
Mais il faut bien se démarquer un peu, alors ils se sont dit qu'ils pourraient prendre un préposé aux synthés qui mettrait des sons et des accords à la Aphex Twin, plus une basse qu'on entendrait un peu, mais pas trop trop.
Alors le créneau, c'est bon, le son, c'est plus ou moins bon.Tout ça, c'est top crédibilité. Restent les compos.
Alors là, foi de miche, ça patine, ça peine et ça s'embourbe. Rien qui fasse dresser la tête, tête qui glisse lentement mais sûrement sur l'épaule, les paupières s'alourdissent, tu sens le sommeil t'engourdir. En un mot: c'est plat.
Il faut dire que la production n'aide pas des masses; manque de pot, c'est Isaac Brock de Modest Mouse qui l'assure. Et j'adore Modest Mouse. On retrouve d'ailleurs le même son sec qui fait le bonheur de son propre groupe, mais rien pour ces tristes chansons.
Enfin bon, on peut toujours positiver en se disant que celles-ci pourraient éventuellement être plus convaincantes en live, tant ce groupe manque d'énergie sur disque.

En extrait d' Apologies To The Queen Mary:
non, pas d'extrait, ce groupe a déjà plus de pub qu'il n'en mérite, d'ailleurs j'y participe. Un fouet, que je m'auto-flagelle! Vite!